samedi 16 juillet 2022

« Ces gens-là » : une centaine de personnalités dénoncent les propos homophobes de Caroline Cayeux - Le Monde

Caroline Cayeux, le 18 septembre 2018, à Paris

Une centaine de personnalités de tous horizons, y compris de la majorité présidentielle, dénoncent les « propos homophobes » de la ministre Caroline Cayeux dans une tribune parue samedi 16 juillet sur le site du Journal du Dimanche.

« Comment accepter les propos tenus par la ministre chargée des collectivités territoriales à la veille de la fête nationale », s’interrogent les signataires, parmi lesquels figurent, au rayon politique, l’ancien premier ministre Manuel Valls, les députés de la majorité Joël Giraud, David Valence, Raphaël Gérard, Quentin Bataillon, ou encore les maires de Paris Centre Ariel Weil (PS), du 5e arrondissement Florence Berthout (DVD), du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq (LR) et du 9e arrondissement Delphine Bürkli (Horizons), ainsi que la 1re adjointe au maire de Marseille Michèle Rubirola (EELV).

Ont également paraphé le texte, intitulé « A tous ces gens-là », le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) Laurent Escure, l’entrepreneur Mathieu Gallet, l’animateur Alex Goude, la docteure en sciences Aurélie Jean ou encore le psychiatre Serge Hefez.

Mme Cayeux a suscité la polémique cette semaine en répondant à Public Sénat, qui l’interrogeait sur d’anciennes déclarations datant de 2013 « sur le mariage pour tous et l’adoption pour les couples de même sexe, qualifiées de réforme de caprice et de dessein qui va contre la nature ». La ministre a d’abord dit : « Je maintiens évidemment mes propos. Mais j’ai toujours dit que la loi, si elle était votée, je l’appliquerais ». Et d’ajouter : « Je dois vous dire quand même j’ai beaucoup d’amis parmi ces gens-là. Franchement, c’est un mauvais procès qu’on me fait et ça m’a beaucoup contrariée ».

Pour Elisabeth Borne, « les choses sont désormais claires »

Face au tollé, Mme Cayeux a rétropédalé jeudi soir dans Le Parisien, en rappelant que les propos, qu’elle juge désormais « stupides et maladroits », « remontent à dix ans ». « Et si je ne peux nier les avoir tenus, évidemment que je ne les utiliserais plus et les regrette », a-t-elle ajouté, en présentant ses « excuses les plus sincères ».

« La question n’est pas de savoir si cette nouvelle ministre a, dans son entourage, des amis parmi “ces gens-là”, comme un masque sur ses préjugés », écrivent les signataires de la tribune. « Elle a choisi délibérément de maintenir des propos homophobes : c’est certainement répréhensible. Et seul un juge devrait en décider », ajoutent-ils, alors que plusieurs associations ont annoncé mercredi avoir déposé plainte à Paris.

« En revanche, la question est de savoir si le gouvernement, dans son devoir de solidarité, valide la position d’un de ses membres, et si la majorité souscrit à son attitude », soulignent les signataires, même si certains ministres, comme Clément Beaune, ouvertement gay, ont pris publiquement leurs distances avec les mots de Mme Cayeux.

« Il s’agit de défendre non pas telle ou telle communauté, mais bien le respect du principe d’égalité et de légalité par un membre du gouvernement », insistent-ils, sans pour autant appeler à la démission de la ministre. « Ses propos meurtrissent personnellement beaucoup d’entre nous, mais surtout ils mettent à mal nos efforts quotidiens pour faire respecter les principes républicains dans nos territoires », soulignent-ils, estimant que les « regrets » de Mme Cayeux n’ont pas la « force de la sincérité ».

Après les excuses de Mme Cayeux, la première ministre Elisabeth Borne a assuré vendredi que « les choses sont désormais claires ». « Et Caroline Cayeux, comme le reste du gouvernement, est au travail et concentrée sur sa mission », a-t-elle affirmé.

Le Monde avec AFP

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