Les camions de pompiers font des allées et venues sur une piste forestière à Landiras. Tout autour, de jeunes pins sont calcinés et des troncs sont encore fumants. Les professionnels déroulent les lances à incendie. Ils sont protégés des fumées toxiques par leurs cagoules. "On traite les tous petits départs pour éviter l'embrasement de tout ce qui est sec autour de nous", explique un pompier.
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Juste à côté, trois hommes, sans équipement, simplement vêtus de shorts et t-shirts, et, eux aussi, arrosent les fumées qui s'échappent du sol. "Voir tout ça partir en fumée, c'est une catastrophe", explique Thomas Géral, qui vient de vider une citerne d'eau, des milliers de litres emmagasinés à l'arrière de son pick-up. "C'est tout notre végétation, tout notre paysage... Nous, on est nés ici, donc si on peut donner un petit coup de main. Ce n'est pas grand-chose mais si tout le monde le fait, on peut avancer quand même."

Le cap des 20 000 hectares de forêt brûlés a été dépassé en Gironde dans la soirée du mardi 19 juillet, une semaine après le début des incendies de La Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, et de Landiras, dans le sud du département, non loin des Landes. Plus de 13 000 hectares partis en fumée uniquement dans cette zone, et les pompiers ont bien du mal à contenir les avancées du feu. Malgré les centaines de renforts venus de toute la France, les multiples départs de feux et les différents fronts de l'incendie sont impossibles à couvrir en même temps alors les habitants s'y mettent eux aussi et vont eux-mêmes aider à éteindre les incendies.
Quelques kilomètres plus loin, Claude Pommier rentre enfin chez lui, après des heures de lutte acharnée à bord de son pick-up. D'habitude, c'est pour transporter de la charpente, mais là "On va installer deux cuves, une pompe, on va se débrouiller, on va l'aider." Depuis quatre jours, avec son fils Jérémy, qui est plombier en temps normal, ils parcourent les routes et les pistes forestières cherchant la moindre fumée ou la petite flamme à éteindre. "La première journée, je suis resté 35 heures debout, j'étais rincé", raconte-t-il.

Malgré la fatigue extrême, Jérémy y retourne, pour finir le travail que les pompiers, ultra-sollicités, n'ont parfois pas le temps d'achever : éteindre les dernières braises, une fois que l'incendie est maîtrisé. "Il n'y a pas assez de bénévoles, de gens derrière, pour arroser, explique-t-il. Ça prend beaucoup de temps, Ça prend beaucoup d'eau.
"Hier soir à 11 heures, il n'y avait plus personne, plus un pompier, plus rien, et j'ai eu un peu de feu dans les tas de bois. On y est allé sinon les maisons y passaient."
Jérémyà franceinfo
Des soldats du feu ont même remercié Jérémy pour son aide. Mais attention à l'excès de courage et de dévouement. Jean-Michel, du groupement des forestiers, a dû s'avouer vaincu cette nuit. "Quand il vous arrive dessus, ce n'est même pas la peine d'essayer d'intervenir, vous repliez tout et vous partez", explique le pompier. Au moment de le quitter, Jean-Michel regarde le ciel, et ses nuages de fumées qui cachent totalement le soleil. "Si seulement il pouvait pleuvoir, le sol et l'air est désespérément sec", nous dit-il. Cela aiderait encore plus les pompiers.
Incendies en Gironde : les habitants de Landiras aident les pompiers. Le reportage de Thomas Giraudeau
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