Le gouvernement d’Élisabeth Borne annoncera son plan de sobriété énergétique jeudi 6 octobre 2022, comme l’indique le programme communiqué sur le site du gouvernement. Il s’inscrit dans la volonté de la France de « sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et réduire sa consommation d’énergie » de 40 % d’ici 2050 (avec en ligne de mire la neutralité carbone). Mais l’enjeu est aussi d’éviter les coupures d’électricité ou de gaz l’hiver prochain, dans un contexte de crise énergétique.
« Il s’agit de baisser dès maintenant notre consommation de 10 % par rapport à 2019 », selon Le Parisien , qui dévoile, ce mercredi 5 octobre, les principales mesures qui seront présentées. Matignon insiste néanmoins sur un « changement […] pas que conjoncturel » mais qui s’inscrit « dans le long terme ».
L’État et l’administration devront montrer l’exemple
Le plan sera sobrement présenté pendant trois heures et quart au Parc des expositions de Paris, avec pas moins de neuf ministres et de nombreux acteurs économiques et sociaux, qui devraient énoncer des dizaines de mesures d’économie d’énergie. Chaque ministère devrait présenter la partie du plan pour son périmètre.
Que devrait contenir ce plan ? A priori, des propositions de mesures concernant l’État, les entreprises, les collectivités et les particuliers.
Le cabinet du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Stanislas Guerini indique que l’État et son administration devront être exemplaires, et adopter des « mesures crédibles » pour les Français.
Baisser le chauffage
Une première mesure devrait concerner la fin de l’obligation de l’eau chaude dans les sanitaires des bâtiments publics administratifs, sauf pour les douches. Cette consommation d’énergie représenterait 10 % de l’ensemble de celles de l’État. Les circuits étant les mêmes, cette mesure peut se révéler techniquement compliquée. Le ministère de la Fonction publique promet des embauches et des emplois pérennes pour suivre et appliquer ces mesures dans les départements.
Des travaux de rénovations des bâtiments publics seront aussi entrepris, en se focalisant sur ceux « à gains rapides », pour faire des économies grâce à des aménagements assez simples, comme les thermostats intelligents, les ampoules à LED ou encore l’isolation. Une enveloppe de 150 millions d’euros sera dédiée cela d’après Le Parisien.
La température de chauffage recommandée dans le secteur privé comme dans le public est de 19 °C, mais une baisse supplémentaire d’un degré sera demandée en cas d’urgence et de fortes tensions sur les réseaux de gaz ou d’électricité.
Pour le monde du sport et les collectivités locales, ce sera une réduction de 2 °C dans les gymnases et de 1 °C dans les piscines municipales.
Diminuer l’éclairage
Des décrets vont être publiés en vue de clarifier notamment l’extinction des enseignes et publicités lumineuses entre 1 h et 6 h, donnant aux maires un cadre juridique. Il y avait jusqu’à présent des dérogations selon la taille des agglomérations.
Les éclairages publics seront aussi concernés et équipés d’un boîtier horloge permettant de couper l’alimentation.
L’éclairage dans les stades sera diminué, puisque plusieurs fédérations sportives se sont engagées à réduire la plage horaire de celui-ci, avant et après les matchs, en journée et en soirée.
Limiter la consommation liée aux transports
Le recours au télétravail organisé va de nouveau être encouragé, dans le privé comme dans le public, afin d’économiser sur les déplacements mais aussi d’optimiser l’usage des bâtiments. Une revalorisation de 15 % de l’indemnisation (de 2,50 à 2,88 €/jour) est prévue dans le public et souhaitée dans le privé.
Sur la route, des mesures seront proposées, de manière incitative seulement. Les agents utilisant leur véhicule de service recevront la consigne de réduire leur vitesse maximale de 130 à 110 km/h sur autoroute et de 110 à 100 km/h sur voies rapides, pour baisser de 20 % la consommation de carburant sur ces trajets. Des formations à l’écoconduite pourront être dispensées dans certains services.
Pour les particuliers, l’objectif sera d’inciter au covoiturage. Le journal annonce même un bonus de 100 € pour chaque nouvel inscrit à une plateforme de covoiturage dès 2023, confirmé par le ministère de la Transition énergétique. Le ministère des Transports de Clément Beaune a ensuite indiqué que ce montant n’était pas encore fixé.
Des « actions concrètes » au sein des entreprises
Une charte listant une quinzaine d’« actions concrètes » aurait été rédigée selon le cabinet de la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, avec quatre directives : la lutte contre le gaspillage de l’éclairage, l’automatisation du chauffage, le recours au train pour la mobilité, et l’optimisation de l’organisation du travail.
Pour ce dernier point, un ambassadeur pour la sobriété énergétique sera désigné dans chaque entreprise et un plan sobriété sera présenté en Comité social et économique, ainsi qu’aux délégués syndicaux.
Une grande campagne de communication programmée
Une vaste campagne de communication sera lancée le 10 octobre prochain. Des spots télé et radio autour de slogans mettront en avant les gestes significatifs. Baisser le chauffage et le chauffe-eau, éteindre les appareils non utilisés ou en veille, décaler l’usage des machines dans les moments de pics de consommation, s’équiper de thermostats…
Les médias devront aussi jouer un rôle. Plusieurs grands titres de l’audiovisuel se sont déjà engagés en ce sens.
Une « sobriété choisie »
Des décisions contraignantes, mais ces mesures d’économies d’énergie ne seront pas imposées aux particuliers, aux entreprises ou aux collectivités, car aucune sanction n’est prévue. Les Français vont donc devoir faire des efforts, mais le gouvernement rappelle qu’il s’agit d’une « sobriété choisie » et mise sur la responsabilité de chacun.
Il ne s’agit pas non plus de diminuer le niveau d’activité économique, qui sera maintenu malgré ce plan de sobriété. Un plan aux objectifs ambitieux, qui, s’il échoue, pourrait conduire le gouvernement à envisager des coupures ciblées de gaz ou d’électricité.
De son côté, EELV a présenté, à la veille de ces annonces, son « plan de sobriété juste », mettant en avant la solution d’une « responsabilité collective » plutôt que d’une « individuelle » choisie par l’exécutif selon le parti.
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