
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur « Avec BLM », le microparti du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, après une alerte de la Commission nationale des comptes de campagne. Il serait question de dettes non payées à des prestataires, selon les informations révélées par Mediapart, et qui pourraient constituer un financement illégal de campagne.
La Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) de la police judiciaire parisienne doit déterminer si des dons illégaux ont été faits au travers de factures de prestataires non réglées par ce microparti. Il avait récolté 2 millions d’euros pour la primaire de la droite de 2016, dans la perspective de la présidentielle de 2017.
L’enquête a été ouverte pour « participation au financement d’un parti politique par une personne morale par dons ou fourniture d’avantages à un prix inférieur à ceux habituellement pratiqués » et pour « acceptation par le parti politique de ces mêmes avantages », a précisé le parquet. Ces infractions sont passibles de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Quelques heures après l’ouverture de cette enquête par le parquet de Paris, Bruno Le Maire s’est dit « surpris » de la saisine de la justice, selon son entourage.
Près de 35 000 euros de dettes annulées
Bruno Le Maire était arrivé en cinquième position de la primaire de la droite, avec 2,4 % des voix, un échec cuisant. Malgré des appels aux dons, il avait par la suite eu du mal à éponger les dettes de ce microparti, mis en sommeil après les échéances électorales.
Mediapart précise que, sur « plus d’une dizaine » de prestataires non payés, les plus grosses dettes annulées émanent de deux spécialistes de la communication politique : Experian (facture de 24 990 euros non réglée) et Catch Digital Strategy (9 000 euros). Interrogé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le microparti avait notamment justifié les dettes annulées par le dépassement du délai de prescription légal de cinq ans.
Avec cette enquête, c’est un nouveau membre du gouvernement qui est confronté à des démêlés judiciaires. Plusieurs figures du pouvoir, du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, au garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, en passant par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, ou François Bayrou, sont mis en cause dans d’autres dossiers.
Bruno Le Maire, numéro 2 du gouvernement d’Élisabeth Borne, a été reconduit en mai 2022 à la tête de Bercy, le ministère de l’Économie et des Finances, qu’il a dirigé pendant le premier mandat de l’actuel chef de l’État, Emmanuel Macron. Il détient désormais le record de longévité à ce poste sous la Ve République, fondée en 1958. Il fut également secrétaire d’État aux Affaires européennes (2008-2009) et ministre de l’Agriculture (2009-2012).
Les comptes de campagnes électorales du président Emmanuel Macron, lui-même, intéressent aussi la justice. Deux informations judiciaires ont été ouvertes par le Parquet national financier (PNF) sur des soupçons de financement illégal de ces campagnes et sur les liens entre des proches du président et des membres du cabinet de conseil McKinsey, qui auraient pu œuvrer gratuitement lors de la campagne présidentielle de 2017. Une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée est également en cours au PNF depuis fin mars.
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