« Le parquet de Paris ouvre ce jour une enquête préliminaire des chefs d’homicides et blessures involontaires aggravés par la violation d’une obligation de sécurité ou de prudence », ont indiqué les parquets de Colmar, initialement saisi, et de Paris. L’enquête, pilotée par le pôle des accidents collectifs, sera chargée de « déterminer les causes précises de l’incendie et les éventuelles responsabilités pénales ».
Rapidement après le drame dans lequel 11 personnes, dix vacanciers en situation de handicap mental léger et un accompagnateur, ont péri, une enquête avait été ouverte en recherche des causes de la mort. « Les premières investigations ont conduit à s’interroger sur les conditions matérielles et juridiques de sécurité » de ce bâtiment.
Non conforme, non déclaré
Le lieu d’hébergement, une ancienne grange rénovée il y a quelques années, n’avait « aucune autorisation » pour son activité, avait déclaré jeudi le maire adjoint de la commune, Daniel Leroy. « Il n’avait pas fait non plus l’objet d’autorisations de travaux pour pouvoir accueillir des personnes handicapées ».
La structure n’était pas conforme aux normes de sécurité : elle n’avait pas reçu la visite de la commission de sécurité, a souligné Nathalie Kielwasser, vice-procureure de la République de Colmar. Elle disposait de détecteurs de fumée mais pas du type prévu pour des établissements accueillant du public.
Il est toutefois trop tôt pour déterminer l’éventuelle responsabilité pénale de la propriétaire des lieux, qui n’a pas été placée en garde à vue. Mercredi, Nathalie Kielwasser avait indiqué que l’origine serait « un feu qui a couvé », sans pouvoir « à ce stade » déterminer les causes de ce sinistre, le plus meurtrier en France depuis l’incendie d’un bar à Rouen en 2016, qui avait fait 14 morts.
Au total, 28 personnes se trouvaient dans le bâtiment, dont 17 ont pu s’en extraire. Les pensionnaires logés au rez-de-chaussée par Idoine, une association de Besançon, ont été rapatriés indemnes en Franche-Comté.
« Incompréhension »
À Wintzenheim, une salle a été mise vendredi à disposition des habitants qui souhaitent se recueillir. À la sortie de la salle de recueillement, Nicole Harthong, une aide-soignante retraitée de 62 ans, fait part de son « inadmissible incompréhension ». « J’ai travaillé pendant 20 ans auprès d’adultes handicapés. Nous organisions des séjours qui étaient très organisés, très protocolaires », assure-t-elle, espérant que l’enquête puisse « mettre à jour tout ce qui a dysfonctionné ».
SEBASTIEN BOZON/AFP
« Ce n’est pas normal […] qu’on mette des personnes fragiles dans des endroits comme ça », estime un autre habitant, Jean-Jacques Muller, retraité de 74 ans.
Jeudi, la ministre chargée des Personnes handicapées, Fadila Khattabi, a évoqué « un drame inqualifiable », lors d’un déplacement en Lorraine pour rencontrer les familles de victimes, dont la plupart venaient de Moselle et de Meurthe-et-Moselle.
« Embrasement généralisé »
Les dix adultes en situation de handicap décédés étaient âgés de 23 à une cinquantaine d’années. Ils s’appelaient Jennifer, Claude, Jimmy, Jérôme, Marcelle, Laure, Fatima, Jérôme, Régis et Christelle. Un accompagnateur, dont l’identité n’est pas connue, a également perdu la vie.
Trois vacanciers et deux autres membres de l’organisation qui résidaient à l’étage ont pu s’extraire des flammes à temps.
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