vendredi 18 août 2023

Présidentielle 2027 : Pourquoi Nicolas Sarkozy pousse (déjà) la candidature de Gérald Darmanin - 20 Minutes

L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy discute avec Gérald Darmanin, en 2018. — Ludovic Marin
  • Nicolas Sarkozy sort un nouvel épisode de ses mémoires, ce mardi, intitulé Le Temps des combats.
  • Dans cet ouvrage, l’ex-chef de l’Etat évoque la présidentielle 2027 et « souhaite » publiquement la candidature de Gérald Darmanin.
  • Ce soutien fait l’effet d’une petite bombe dans la guerre de succession à Emmanuel Macron. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de sortir du bois ?

La sortie n’a pas fini d’agiter la classe politique. Dans un livre à paraître mardi, Nicolas Sarkozy évoque la future présidentielle 2027 et lance une petite bombe dans la guerre de succession à Emmanuel Macron. L’ancien chef de l’Etat pousse la candidature de Gérald Darmanin à l’Elysée. « Jusqu’à présent, les faits lui ont largement donné raison. Saura-t-il franchir une autre étape, voire l’étape ultime, celle qui mène à la présidence de la République ? Je le lui souhaite, car il a des qualités évidentes », écrit l’ex-président dans Le Temps des combats, dont BFMTV a dévoilé de premiers extraits. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi d’adouber l’actuel ministre de l’Intérieur ?

Parce que la bataille à la succession a déjà commencé

A plus de quatre ans de la prochaine élection présidentielle, l’échéance suprême tourmente déjà la Macronie. Comme Emmanuel Macron ne pourra pas rempiler pour un troisième mandat, plusieurs cadres de la majorité se préparent pour être calife à la place du calife. Outre Edouard Philippe et Bruno Le Maire, Gérald Darmanin est l’un des candidats possibles pour le camp présidentiel, qui ne cache plus ses ambitions. Dans ce contexte, ce petit coup de pouce de Nicolas Sazkozy n’a rien d’anodin. « Avoir un ancien président qui vous soutient, ça crédibilise les ambitions, s’enthousiasme un député Renaissance, proche de l’intéressé. Cela donne aussi une autre coloration à la rentrée du 27 août. » Ce jour-là, le ministre de l’Intérieur réunira plusieurs centaines de soutiens dans son fief du Nord, à Tourcoing. Une rencontre sur le thème des « attentes des classes populaires », qui ne manquera, encore, d’être très commentée.

Parce que c’est son ancien poulain

Au sein de feu l’UMP, Gérald Darmanin est devenu en quelques années l’une des coqueluches de Nicolas Sarkozy. Ce dernier choisit ainsi le jeune homme de 31 ans pour être son porte-parole lors de la campagne (remportée) pour reprendre le parti en 2014 puis le nomme à l’influent poste de coordinateur pour la primaire de la droite (perdue) deux ans plus tard. Une relation quasi-filiale s’est depuis formée entre les deux hommes, qui sont restés « amis » depuis la retraite politique de l’ex chef de l’Etat. « Il se trouve que j’ai beaucoup de reconnaissance pour lui, car il m’a accompagné à une époque où les choses étaient plus compliquées pour moi », écrit ce dernier dans son livre. L’un et l’autre se sont ainsi soutenus publiquement lorsqu’ils ont été touchés par des affaires judiciaires ces dernières années.

Parce qu’il fait du Sarko

Habitué des coups d’éclat médiatique, d’un « parler franc » et d’un activisme tout-terrain, Gérald Darmanin est un adepte de la « méthode Sarkozy » en termes de communication politique. « C’est la stratégie du Kärcher », assure Luc Rouban, chercheur au CNRS et au Cevipof. « Darmanin est en phase avec la droitisation du macronisme, que l’on remarque dans les enquêtes d’opinion. Nicolas Sarkozy pense qu’il peut incarner une forme de rupture avec Macron pour reparler aux catégories populaires, comme il avait su le faire, pour éviter la victoire du Rassemblement national à la présidentielle », ajoute-t-il.

« C’est la stratégie de Nicolas Sarkozy en 2007 remise à jour : dur sur le régalien avec le retour d’une forme de gaullisme social, car Darmanin n’hésite pas par exemple à utiliser le terme de prolétariat », ajoute Benjamin Morel, docteur en Sciences politiques de l’ENS Paris-Saclay et maître de conférences à Paris-Panthéon-Assas. « Il pense que Darmanin peut incarner cette nouvelle synthèse d’union, du centre à la droite populaire, qu’il tente de faire émerger en vain depuis plusieurs mois », ajoute le spécialiste.

Pour rester dans le jeu (et torpiller LR)

Un soutien stratégique, donc, mais pas non plus dénué d’intérêt personnel, selon Benjamin Morel. « Alors qu’il n’a plus vraiment d’influence à droite, et qu’il n’a jamais vraiment été suivi par Emmanuel Macron, Sarkozy entend rester une sorte de parrain politique en faisant valider sa stratégie », dit-il. En choisissant de soutenir Darmanin, Nicolas Sarkozy n’ignore pas au passage qu’il envoie un énième taquet aux Républicains, qui rêvent tant d’un retour au pouvoir en 2027. « Sarkozy a acté le fait qu’il n’y a pas d’espace politique propre à LR, qu’ils ne sont plus capables de gagner seuls », poursuit le député Renaissance cité plus haut, qui nuance toutefois l’intérêt de ce soutien : « Sarkozy reste très clivant, c’est un repoussoir pour le centre gauche de l’électorat ». Comme son protégé, Gérald Darmanin ?

Adblock test (Why?)



from France - Dernières infos - Google Actualités https://ift.tt/hLzMpTR
via IFTTT

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Loi immigration : le président des Républicains dénonce "un hold-up démocratique" du Conseil constitutionnel - franceinfo

>> Ce direct est désormais terminé. La droite gronde. Le président des Républicains Éric Ciotti a dénoncé vendredi 26 janvier "...