
La Commission européenne a décidé, jeudi 16 novembre, de prolonger pour dix ans, jusqu’au 15 décembre 2033, l’utilisation du glyphosate, la substance active et controversée du désherbant Roundup de Bayer (Monsanto), alors qu’en 2017 les Européens n’avaient octroyé que cinq ans supplémentaires à l’herbicide. Cette mesure n’est pas le fruit d’un compromis entre les Vingt-Sept, mais le résultat d’une procédure tout à fait légale qui a donné le dernier mot à l’exécutif communautaire.
Le 20 septembre, la Commission avait mis sur la table sa proposition, que les Etats membres n’avaient ni adoptée ni rejetée lors d’une première réunion le 13 octobre. Aucun des deux camps n’avait en effet rassemblé la majorité nécessaire de 15 pays représentant au moins 65 % de la population.
Jeudi, Bruxelles a, comme le prévoit la procédure, représenté exactement le même texte aux Vingt-Sept. Avec un résultat identique, même si l’Italie, qui avait soutenu en octobre la proposition de la Commission, a, cette fois, choisi l’abstention. In fine, aucune majorité ne s’est dessinée pour ou contre le texte.
Conséquence, la Commission a tranché, comme l’y autorise la procédure, et annoncé, dans la foulée de ce deuxième vote, qu’elle actait le renouvellement du glyphosate pour dix ans. Alors que l’autorisation actuelle de la molécule court jusqu’au 15 décembre, « elle aurait pu revenir avec une autre proposition », affirme Pascal Canfin, le président de la commission environnement du Parlement européen.
« Hypocrisie de la France »
Au lieu de quoi, poursuit l’eurodéputé macroniste, sa présidente, « Ursula von der Leyen, a choisi de passer en force en réautorisant le glyphosate pendant dix ans sans aucune majorité et alors que les trois plus grandes puissances agricoles du continent, la France, l’Allemagne et l’Italie, n’ont pas soutenu cette proposition ». « Les délais ne permettaient pas de présenter une nouvelle proposition », assure pour sa part un porte-parole de la Commission.
La France, qui plaidait pour une durée plus courte de sept ans et militait pour que le glyphosate soit « remplacé par d’autres solutions chaque fois que c’est possible », comme l’a rappelé le ministère de l’agriculture jeudi, s’est de nouveau abstenue jeudi, suscitant les critiques de plusieurs ONG.
Ainsi, Foodwatch et Générations futures dénoncent « une trahison, sans surprise, de la promesse faite par le président de la République en 2017 », quand Emmanuel Macron avait promis d’interdire le glyphosate dans les trois ans. « L’abstention de la France à ce vote et son manque de courage ne sont pas acceptables », estime également Greenpeace, en affirmant que la Commission « préfère se ranger du côté des lobbys de l’agrochimie plutôt que de suivre les avis scientifiques, d’appliquer le principe de précaution et d’assumer l’interdiction de ce pesticide ».
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