
Les chiffres de l’Insee sur la pauvreté et les inégalités en 2021, publiés mardi 14 novembre, étaient très attendus. Et le constat est clair : « Au sortir de l’épisode du Covid-19, la pauvreté en France n’a pas explosé, mais elle a augmenté. Et les inégalités ont particulièrement progressé », résume Valérie Albouy, cheffe du département des ressources et des conditions de vie des ménages de l’Insee. En 2021, 9,1 millions de personnes vivaient au-dessous du seuil de pauvreté monétaire, qui s’établissait à 1 158 euros par mois pour une personne seule, soit 60 % du revenu médian. C’est 552 000 personnes de plus qu’en 2020. Le taux de pauvreté atteint désormais 14,5 %, en progression de 0,9 point, une fois recalculés les indicateurs des années précédentes, en raison d’une refonte des statistiques européennes.
Cette hausse de la pauvreté s’est accompagnée d’un creusement des inégalités. La moitié de la population la moins aisée a vu reculer son niveau de vie en euros constants (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation), après une hausse en 2020. Ce recul est plus marqué pour les 20 % les plus pauvres. A l’inverse, la moitié de la population la plus aisée a vu son niveau de vie augmenter, avec une hausse plus forte pour les 20 % les plus riches.
Comment expliquer ces évolutions ? La redistribution n’a pas suffi à compenser les pertes de revenus du travail et du chômage des plus pauvres. « Il y a eu l’arrêt des aides exceptionnelles liées au Covid-19, et, dans une moindre mesure, le fait que les prestations sociales sont revalorisées en fonction de l’inflation de l’année précédente et non de l’année en cours [l’inflation a atteint 0,5 % en 2020 et 1,6 % en 2021], explique Valérie Albouy, de l’Insee. S’est ajoutée la réforme des allocations logement, désormais calculées sur les revenus en temps réel. » La moitié des ménages plus aisés a pour sa part bénéficié de la reprise de l’activité, « avec des revenus du travail et du capital plutôt dynamiques », souligne la cheffe du département des ressources et des conditions de vie des ménages de l’Insee. Les 20 % les plus riches ont perçu des revenus 4,45 fois supérieurs à ceux des 20 % les plus pauvres, un écart comparable à ceux enregistrés dans les années 2010 à 2012.
« Des niveaux atteints sous Sarkozy »
« On revient aux niveaux d’inégalités atteints sous la présidence de Nicolas Sarkozy, critique le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte. De 2012 à 2016, François Hollande les avait corrigées grâce à sa politique sociale, puis la conjoncture s’est améliorée. L’évolution de 2021 montre que les politiques d’Emmanuel Macron, notamment en matière fiscale, ont accentué les inégalités. »
Il vous reste 50% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
from France - Dernières infos - Google Actualités https://ift.tt/N0UnWzC
via IFTTT
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire