Au terme de plus d’une heure d’échanges avec enseignants, élèves et parents d’élèves, Emmanuel Macron a donc commencé à détailler les mesures salariales qui entreront en vigueur à la rentrée prochaine pour les professeurs. Le président de la République a annoncé que la revalorisation socle, pour laquelle 1,9 milliard d’euros sont prévus en 2024, concernerait « tous les enseignants » et pas seulement ceux qui sont en première moitié de carrière, comme l’avait initialement prévu le ministère de l’éducation nationale. Les détails pour chaque échelon de carrière sont attendus, mais le président a assuré que les hausses seraient comprises « entre 100 et 230 euros net en plus par mois », permettant notamment aux professeurs en début de carrière de passer la barre des 2 000 euros.
Il a ensuite confirmé la mise en œuvre du pacte enseignant, en dépit de l’opposition unanime des organisations syndicales, qui doit en priorité permettre d’assurer les remplacements de courte durée, le dispositif « devoirs faits » rendu obligatoire en 6e à la rentrée prochaine, et l’heure de soutien en 6e également créée pour l’an prochain. Emmanuel Macron a dit faire le « pari » qu’un tiers des enseignants adhéreraient à ce nouveau dispositif, dont on ignore encore toutes les missions qu’il pourra recouvrir.
Deux enseignants présents sont plusieurs fois intervenus lors de ces annonces pour interpeller le chef de l’Etat sur le manque de reconnaissance. « Ne craignez-vous pas de perdre les deux tiers restant », lui a demandé Julien Bernard, professeur d’anglais du collège Louise-Michel. Ce dernier a également témoigné de son cas personnel : « Je suis payé 2 100 euros net par mois au bout de quinze ans de carrière. Après la revalorisation j’aurai donc, au mieux, plus de 2 300 euros alors que les enseignants en début de carrière commenceront à 2 000 euros. Comment motiver les gens à durer ? », a-t-il interrogé.
En réponse, Emmanuel Macron a fait valoir qu’il s’agissait d’une augmentation inédite depuis 1990 et vanté le pacte comme une manière de mieux « reconnaître » ceux qui s’engageraient davantage. Interrogé ensuite par Le Monde de savoir s’il considérait qu’une rémunération de 2 400 euros net après quinze ans de carrière était suffisante et si le gouvernement pensait poursuivre les hausses dans les années à venir, comme le demandent les syndicats, Emmanuel Macron a convenu que ce n’était « jamais suffisant », rappelé les « trente ans » de retard sur les salaires. « Là ce sera 2 400, mais quand j’ai été élu [en 2017], c’était 1 900 », a-t-il déclaré.
Les détails complets de la revalorisation sont attendus d’ici ce soir.
C’était il y a un an jour pour jour. Le 20 avril 2022, lors du débat de l’entre-deux tours, Emmanuel Macron s’était engagé à ce que tous les enseignants soient revalorisés d’environ 10 % et que plus aucun entrant dans la carrière ne démarre sous les 2 000 euros net par mois.
Le continent européen a connu en 2022 la deuxième année la plus chaude jamais mesurée. Et les satellites d'observation de la Terre voient les indicateurs climatiques, température, sécheresse, vagues de chaleur et autre fonte des glaces, s'ancrer dans des valeurs inquiétantes. Notamment pour la santé des populations.
"L'Europe a connu sa deuxième année la plus chaude, son été le plus chaud." En une phrase, le rapport du Copernicus Climate Change Service (C3S), le volet changement climatique du réseau européen de satellites de surveillance de la Terre, plante ce jeudi matin le décor d'une année 2022 qui a marqué nos esprits. Un point de basculement ? Peut-être, celui de "changements alarmants de notre climat", commente Carlo Buontempo, le directeur du C3S, dont rien ne dit qu'ils seront réversibles.
L'inventaire des indicateurs négatifs enregistrés l'an passé sur le Vieux Continent est éloquent. L'été le plus chaud de l'histoire - 1,4° C au-dessus de la moyenne des trente dernières - a été secoué par des vagues de chaleur intenses qui n'ont épargné que peu de populations. Copernicus a enregistré le plus grand nombre de jours de "stress thermique très fort", entre 38 et 46° C, jamais observé, de "faibles précipitations" et une "sécheresse généralisée", qui a notamment pesé sur 63 % des rivières européennes. "La sécheresse a affecté un tiers du territoire européen", indique Rebecca Emerton, chercheuse en science de l'eau.
Les douze plaies d'une Europe harassée par le réchauffement climatique, l'an dernie. Copernicus Climate Change Service
Les forêts d'Europe ont brûlé comme jamais depuis quinze ans, vingt ans s'agissant de la France, alors que les Alpes, l'Arctique et le Groënland ont regardé fondre leurs glaciers dans des proportions inédites, jusqu'aux portes de l'automne. Le recul des glaciers alpins, 5 km3, est difficile à appréhender, sinon en imaginant une boîte immense de 1 km de haut, 1 km de large et 5 km de long.
— World Meteorological Organization (@WMO) April 18, 2023
Risques pour la santé humaine
Ces événements climatiques, pointent les chercheurs du C3S, ont eu des effets immédiats. Les feux de forêts ont libéré des quantités incommensurables de CO2 et de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre : "Ces émissions ont atteint les niveaux les plus élevés jamais mesurés" par Copernicus. "Les chaleurs extrêmes de la fin du printemps et de l'été ont créé des conditions dangereuses pour la santé humaine", des impacts concrets "sur les écosystèmes et les communautés", observe Carlo Buontempo.
Le nombre de jour de stress thermique fort en 2022, c'est-à-dire entre 32 et 38° C. Copernicus Climate Change Service
Ils s'inscrivent en outre dans une série. Le nombre de jours de chaleur forte (32° à 38°) et très forte (38° à 46°) - voire extrême (46° et +) en zone méditerranéenne - grandit d'année en année, celui des jours "ordinaires" recule. Les débits des fleuves européens furent en 2022 inférieurs à la moyenne pour la sixième année consécutive. "Les événements surviennent sur de plus longues périodes dans l'année et plus fréquemment", relève Mauro Faccini, le représentant de l'Union européenne au sein du C3S, dessinant le tableau d'un continent plus exposé encore au réchauffement climatique que le reste du monde.
+ 2,2° par rapport à 1850-1900
La moyenne des températures de 2017 à 2022 "était d'environ 2,2° C au-dessus de l'ère préindustrielle", c'est-à-dire 1850-1900. La hausse est même "de 3° dans l'Arctique", insiste Rebecca Emerton. "Les températures à travers l'Europe augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale, plus rapidement que sur n'importe quel autre continent", souligne le rapport.
Les années de températures moyennes anormales s'enchaînent, en Europe. Copernicus Climate Change Service
Pourquoi ? "Comme pour tout en matière de climat, rappelle Carlo Buontempo, il y a plusieurs raisons et il est difficile d'en isoler une seule, c'est toute la complexité du système climatique." La fonte des glaces et la perte d'un nombre significatif de jours de neige "est certainement un élément important". 2023 pourrait-elle être aussi chaude ou pire encore ? "On ne peut pas dire que ce sera le cas. Mais le nombre d'années chaudes va aller croissant", insiste la climatologue Samantha Burgess.
Cette date tombe la veille des vacances scolaires des régions parisienne et occitane et d'un week-end de chassé-croisé dans les autres zones. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS
Cette journée de mobilisation est considérée comme une «étape de préparation» avant les manifestations du 1er mai par les syndicats de cheminots.
La journée de la «colère cheminote», ce jeudi, devrait engendrer des perturbations limitées à la SNCF. Ce mardi soir, le groupe ferroviaire a dévoilé ses premières estimations des conditions de trafic pour ce 20 avril. Après plusieurs journées difficiles, lors des précédentes mobilisations, cette fois-ci, la circulation des TGV Inoui et trains Ouigo devrait être «quasi normale», selon l'entreprise. De même, à l'international, les trains Eurostar et Thalys devraient rouler sans problème.
Dans les territoires, la situation sera plus complexe. Pour les liaisons Intercités, on comptera deux trains sur cinq en circulation mais aucune liaison de nuit. Côté TER, la SNCF prévoit de faire circuler quatre trains sur cinq.
En région parisienne, le service sera normal sur les RER A et B mais aussi les lignes de trams T4, T11 et T13. La ligne la plus perturbée sera la ligne de Transilien K avec seulement un train sur deux. Les RER C, D et E ne verront, eux, que deux tiers du service maintenu, comme pour les lignes H, J, L R et U. Enfin, on comptera trois trains sur quatre sur les lignes N et P.
Les syndicats cheminots avaient proposé cette journée de mobilisation le 20 avril comme une «étape de préparation» avant les manifestations du 1er mai. Cette date tombe la veille des vacances scolaires des régions parisienne et occitane et d'un week-end de chassé-croisé dans les autres zones qui sont déjà en congés.
LOIC VENANCE / AFPCarrefour va accorder des jours d’absence à ses employés souffrant d’endométriose, en cas de fausse couche ou dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA).
LOIC VENANCE / AFP
Carrefour va accorder des jours d’absence à ses employés souffrant d’endométriose, en cas de fausse couche ou dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA).
CONGÉS - C’est un dispositif sans équivalent en France. L’enseigne Carrefour va accorder des jours d’absence à ses employés souffrant d’endométriose, en cas de fausse couche ou dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA), et ce dès l’été 2023, a-t-elle annoncé ce mercredi 19 avril, après l’avoir révélé la veille dans les colonnes du Parisien.
« Pour faire progresser les droits de femmes et l’égalité au travail, nous avons décidé (...) d’accorder 12 journées d’absence aux femmes souffrant d’endométriose, soit un jour par mois », a déclaré lors d’une conférence de presse le PDG du groupe, Alexandre Bompard, estimant que Carrefour est « la première grande entreprise à le faire ».
Pour bénéficier de ces jours, il faudra présenter un document attestant d’une situation de handicap reconnue par l’entreprise, comme une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, une carte d’inclusion ou une attestation d’invalidité délivrée par la Caisse primaire d’assurance maladie.
Trois jours seront accordés en cas de fausse couche, ainsi qu’une journée après l’implantation d’un embryon dans le cadre d’une PMA. Si les personnes concernées devront se signaler auprès de leur supérieur ou supérieure hiérarchique, le motif de leur arrêt ne sera pas inscrit sur les fiches de l’entreprise, afin de préserver leur vie privée.
Pas de congé menstruel
« Nous allons lancer une grande campagne de mobilisation, car les managers ne savent pas toujours ce que les femmes peuvent endurer », souligne Alexandre Bompard, directeur général de Carrefour, auprès du Parisien. En revanche, aucun congé menstruel n’est prévu par l’entreprise pour l’instant.
Des députés préparent des propositions de loi pour tenter de créer ce congé prévu en cas de règles douloureuses, quelques mois après l’adoption de ce dispositif en Espagne. De rares entreprises françaises offrent déjà cette possibilité à leurs employés.
Dernièrement, la municipalité de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, a lancé l’expérimentation d’un congé menstruel pour ses agents souffrant de douleurs ou d’endométriose. On estime qu’une femme sur dix environ souffre de cette maladie gynécologique inflammatoire et chronique, qui peut se manifester par des règles abondantes et des douleurs violentes.
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Le ministre du travail, Olivier Dussopt, avec Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 18 avril. STEPHANIE LECOCQ / AFP
L’après-retraites commence. Maintes fois repoussé, le rapport de la mission de préfiguration de France Travail – révélé par Les Echos et que Le Monde s’est procuré – devait être présenté aux parties prenantes par le ministre du travail, Olivier Dussopt, mercredi 19 avril. C’est le résultat des huit mois de travaux menés par le haut-commissaire à l’emploi, Thibaut Guilluy.
Il arrive finalement dans un moment charnière pour l’exécutif, alors qu’Emmanuel Macron souhaite tourner la page de la réforme des retraites, désormais promulguée. Lundi 17 avril, dans son allocution, le chef de l’Etat a notamment invité les partenaires sociaux à conclure un « pacte de la vie au travail ».
Le lendemain, lors d’une réunion avec les représentants du patronat – les organisations syndicales avaient décliné l’invitation –, Emmanuel Macron a donné quelques précisions. Ce chantier devrait se diviser en trois parties. D’abord une loi sur le partage de la valeur qui doit retranscrire l’accord national interprofessionnel signé en février. Puis un projet de loi « plein-emploi » portant la réforme du lycée professionnel et la création de France Travail. Celui-ci devrait être présenté en conseil des ministres à la fin mai pour un examen en première lecture au Sénat à l’été. Viendra enfin un troisième volet portant notamment sur les conditions de travail ou l’emploi des seniors, renvoyé à la négociation entre partenaires sociaux « d’ici à la fin de l’année ».
Promesse de campagne du candidat Macron en 2022, la création de France Travail est un outil primordial pour l’exécutif dans sa quête du plein-emploi – un taux de chômage à 5 %, contre un peu plus de 7 % aujourd’hui – à horizon 2027. Si la nouvelle structure va remplacer Pôle emploi, l’opérateur public actuel, l’ambition va bien au-delà et réforme tout le service public de l’emploi. « Compte tenu de la dispersion des acteurs et des responsabilités, aucun acteur, pas même l’Etat, n’est aujourd’hui en mesure d’identifier l’ensemble des personnes dépourvues d’emploi sur son territoire », déplore le rapport.
Meilleure coordination
C’est pour répondre à ce manque de coordination et sortir d’un fonctionnement en silo que doit être bâti le réseau France Travail. Ce dernier doit permettre à tous les acteurs de l’emploi et de l’inclusion de travailler ensemble. Les missions locales deviendront ainsi France Travail jeunes, et les Cap emploi France Travail handicap. Pour simplifier les échanges entre tous ces acteurs, l’opérateur France Travail doit devenir la porte d’entrée unique pour l’ensemble des demandeurs d’emploi avec un partage large des données.
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