Concrètement, le texte voté supprime les allocations familiales à la mère isolée étrangère qui vit en France depuis quatre ans avec plusieurs enfants de nationalité française. Il prive l’infirmière de nationalité étrangère de son logement social ou de ses APL.
Le 16 mars 1988 sur le plateau du journal de 20 heures d’Antenne 2. Interrogé par Paul Amar, Jean-Marie Le Pen présente la proposition phare du Front national pour l’élection présidentielle de 1988 : «Je coupe la pompe à finances, c’est-à-dire que j’établis le principe de préférence nationale, dans le travail, dans les services sociaux, dans l’attribution des HLM, dans la politique familiale.»
Le 19 décembre 2023, trente-cinq ans plus tard, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Sous la dictée d’Eric Ciotti, sous les cris de joie du Rassemblement national, le gouvernement d’Elisabeth Borne sous la présidence d’Emmanuel Macron introduit la préférence nationale dans notre droit en attribuant en priorité les prestations sociales aux Français et en pénalisant les étrangers présents régulièrement en France. A juste titre, Marine Le Pen a d’ailleurs déclaré «sa victoire idéologique». Derrière ce texte se cache l’idée nauséabonde de l’étranger qui «vole nos allocs», comme si en octroyer à certains allait en priver d’autres.
LUDOVIC MARIN / AFPLoi immigration : Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, a présenté sa démission (Photo d’Aurélien Rousseau à la sortie de l’Elysée le 11 décembre 2023)
LUDOVIC MARIN / AFP
Loi immigration : Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, a présenté sa démission (Photo d’Aurélien Rousseau à la sortie de l’Elysée le 11 décembre 2023)
POLITIQUE - Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, opposé à la loi immigration, a remis ce mardi 19 décembre au soir une lettre de démission à Élisabeth Borne, qui n’a pas annoncé si elle l’acceptait, a déclaré à l’AFP une source ministérielle confirmant une information du Figaro.
Aurélien Rousseau, ancien directeur de cabinet d’Élisabeth Borne et en poste depuis l’été dernier, avait fait savoir son opposition à la version du texte considérablement durcie par la droite et finalement adoptée mardi soir au Parlement.
Comme Aurélien Rousseau, plusieurs ministres défavorables au projet de loi, comme Clément Beaune (Transports) ou Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur), ont été reçus dans la soirée à Matignon, selon des sources gouvernementales concordantes.
Mercredi matin sur France Inter, Élisabeth Borne a évacué en assurant qu’Emmanuel Macron, avec qui elle a échangé « jusque très tard dans la nuit » de mardi à mercredi, n’avait pas reçu de lettre de démission d’Aurélien Rousseau. Pour elle, il s’agit d’« un non-sujet ». « On va arrêter de commenter des choses qui n’existent pas », a-t-elle ensuite appuyé, même si elle a toutefois reconnu qu’« il est légitime que des ministres se posent des questions » sur cette loi.
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Avant que la CMP parvienne à un accord, Gérald Darmanin avait été interrogé sur de possibles défections au sein du gouvernement en cas d’adoption du texte. Le ministre de l’Intérieur, qui a été chargé par Emmanuel Macron de porter la réforme, qui devait être la deuxième grande réforme du quinquennat après les retraites, avait alors répondu « ne pas imaginer un instant » la démission de ses collègues.
Avant les ministres pourtant, le député de la Vienne Sacha Houlié, président macroniste de la commission mixte paritaire, avait déjà annoncé son intention de ne pas voter le texte à l’Assemblée. Comme la sienne, des dizaines de voix de députés de la majorité pourraient venir à manquer, pendant que LR et le RN s’apprêtent, eux, à voter le texte. Raison pour laquelle Emmanuel Macron a convié Élisabeth Borne et une partie de son état-major à une réunion d’urgence.
Dans la même veine que les parlementaires et ministres, les Jeunes avec Macron ont pour leur part publié un communiqué dans lequel ils invitent les parlementaires à rejeter le texte de loi, coupable selon eux de « contrevenir aux valeurs et aux orientations de notre famille politique ».
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Dans un long message posté sur Instagram, elle réaffirme son soutien au président de la République et à la Première ministre, à la suite de l'adoption du texte controversé.
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
La ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, à l'Elysée, le 12 décembre 2023. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)
La ministre de la Culture Rima Abdul Malak a démenti, mercredi 20 décembre sur son compte Instagram, avoir pensé à démissionner après l'adoption, mardi soir, d'une version durcie du projet de loi sur l'immigration. "Contrairement aux rumeurs qui ont circulé, je n'ai pas envisagé de démissionner du gouvernement. Ma détermination à poursuivre mes combats est totale", écrit la ministre dans son long message.
"Au nom des larmes de mes parents quittant leur Liban natal, au nom de cette France qu'ils ont choisie pour sa devise de Liberté, Egalité, Fraternité, que je ne cesserai jamais de défendre et de servir, vous me trouverez encore rue de Valois tant que le président de la République et la Première ministre m'accorderont leur confiance prête à poursuivre ces justes combats", ajoute-t-elle.
Née en 1979 à Beyrouth, Rima Abdul Malak passe les dix premières années de sa vie dans la capitale du Liban, avant que sa famille, fuyant la guerre civile, décide de s’installer en France. Un épisode traumatisant, raconté par Samir Abdul Malak, l'oncle paternel de la ministre : "Leur maison a été attaquée, ils ont littéralement échappé à la mort. Leur père décide alors de partir et d’installer sa femme et ses trois enfants à Lyon qu’il connaît bien pour y avoir passé son cursus universitaire", raconte-t-il au média libanais Ici Beyrouth.
Un parcours de vie qui fait écho à "l’élan de solidarité dont les Français ont su témoigner pour accueillir les réfugiés afghans après la chute de Kaboul ou les réfugiés ukrainiens après l’invasion russe", décrit la ministre dans son message Instagram, avant de poursuivre : "Certaines dispositions ajoutées au Sénat, relatives aux conditions du regroupement familial, au délai d’obtention des prestations sociales pour les étrangers en situation régulière, au droit du sol ou encore à la déchéance de nationalité heurtent mes convictions."
Des sujets qui résonnent également chez plusieurs ministres de l'aile gauche de la majorité. Rima Abdul Malak réaffirme quant à elle ses engagements : "Ma détermination à poursuivre mes combats est totale", poursuit-elle dans son message posté sur Instagram. "Je continuerai à porter haut partout en France et en Europe notre liberté de création, notre patrimoine, nos industries culturelles, nos langues, le droit d’auteur. Bref, notre exception culturelle. Vous me trouverez toujours aux côtés des artistes et des forces vives de la culture, pour défendre leurs métiers, leurs projets et leurs rêves".
Monique Olivier, 75 ans, est jugée devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine.
L’ex-femme de Michel Fourniret comparait pour complicité dans les enlèvements, assortis de viol ou tentative de viol, et meurtres de Marie-Angèle Domèce, et Joanna Parrish et pour complicité d'enlèvement et de séquestration suivis de mort d'Estelle Mouzin.
Ce mardi, elle a pris la parole une dernière fois avant que la cour se retire pour délibérer.
Une audience particulièrement attendue et la dernière chance pour les familles des victimes d’obtenir peut-être des réponses à leurs questions, restées en suspens le temps de ce procès. Ce mardi 19 décembre au matin, à son procès, Monique Olivier, 75 ans, pouvait prendre la parole une dernière fois si elle le souhaitait avant que la cour ne se retire pour délibérer.
Dans un silence absolu, le président de la cour des Hauts-de-Seine, a rappelé ce droit à l'accusée, arrivée à 10h12 dans la salle d'audience. "Depuis le premier jour de ces audiences, vous avez pu vous exprimer aussi souvent que vous le vouliez. Il me reste une question, qu'avez-vous à ajouter aux plaidoiries de vos avocats ?", a questionné le magistrat après avoir demandé à l’ex-femme de Michel Fourniret de se lever.
Dans le box, Monique Olivier, veste noire couvrant un pull gris, a une nouvelle fois fait le choix de s’exprimer mais sans faire de révélations. "Je confirme ce que j'ai dit et je regrette tout ce que j'ai fait et je demande pardon aux familles des victimes tout en sachant que c'est impardonnable ce que j'ai fait. Je vois pas d'autres choses à...", a-t-elle lâché d’une voix basse, sans finir cette dernière phrase et avant de se rassoir dans le box.
"Avez-vous une intime conviction ?"
Le président a lu ensuite les vingt questions auxquelles les jurés devront répondre. Il leur a expliqué que la loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : "Avez-vous une intime conviction ?".
"Gardes, veuillez faire sortir l'accusée de la salle d'audience", a par la suite ordonné Didier Safar avant que la cour ne se retire, vers 10h20, pour délibérer. Cette étape devrait durer plusieurs heures.
Monique Olivier est jugée depuis le 28 novembre devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Elle comparait pour complicité dans les enlèvements, assortis de viol ou tentative de viol, et meurtres de Marie-Angèle Domèce (18 ans) en 1988, et Joanna Parrish (20 ans) en 1990 dans l'Yonne, et pour complicité d'enlèvement et de séquestration suivis de mort au préjudice d'Estelle Mouzin (9 ans) en 2003 à Guermantes en Seine-et-Marne.
Le député écologiste des Yvelines Benjamin Lucas, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 11 décembre 2023. JULIEN MUGUET/JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
Le député écologiste Benjamin Lucas déplore que le gouvernement n’ait pas retiré le projet de loi sur l’immigration à l’issue de l’adoption de la motion de rejet préalable à l’Assemblée nationale qu’il avait portée. L’élu des Yvelines pense qu’il ne pourra pas y avoir de majorité sur ce texte dans l’Hémicycle même si la commission mixte paritaire devait parvenir à un compromis, lundi 18 décembre.
Vous avez fait voter une motion de rejet qui aboutit à des discussions entre Les Républicains (LR) et le gouvernement. N’est-ce pas l’inverse de l’effet recherché ?
Je continue à assumer totalement cette motion de rejet : nous avons évité deux semaines d’un débat qui aurait été englouti sous un racisme d’atmosphère qui imprègne déjà le débat public. On sait ce que ça aurait donné avec quatre-vingt-huit députés RN et un ministre de l’intérieur qui a perdu toute boussole. Je crois qu’on a obligé la Macronie à faire en quelques heures ce qu’ils avaient prévu de faire en quelques jours. Le processus politique de durcissement du texte, de fuite en avant, était engagé. Avec quinze jours d’examen, le ministre aurait eu plus de temps pour négocier avec Les Républicains. Dans l’Hémicycle lundi [11 décembre], il a dit qu’il était prêt à discuter sur l’AME [aide médicale d’Etat], sur le délit de séjour irrégulier, deux signaux adressés à la droite radicalisée. On a permis de faire exploser l’illusion du « en même temps » qui montre une absence de boussole humaniste du gouvernement.
Pourtant, en commission des lois, la majorité présidentielle a commencé à détricoter la version du Sénat. N’auriez-vous pas pu tenter de peser dans l’Hémicycle pour obtenir plus ?
Le texte de la commission des lois est encore moins équilibré que la version initiale du gouvernement : il reprend les quotas, des dispositions de restriction du regroupement familial et enfin, sur les métiers en tension, il abdique totalement. J’ai dit « c’est mieux que rien, mais presque rien », car à la fin, il ne s’agit que de quelques régularisations, dans quelques régions et dans quelques métiers en tension. Et cela reste une expérimentation. Le soir même [du vote de la motion], [Gérald] Darmanin avait prévu d’aller sur CNews chez Pascal Praud, signe de sa décision de donner des gages à la droite radicalisée.
N’avez-vous pas condamné la mesure de régularisation dans les métiers en tension que les associations demandaient ?
J’invite les associations à nous faire confiance sur l’analyse parlementaire, comme nous leur faisons confiance pour tout ce qui relève du fond sur ces sujets. L’article 4 bis de régularisation des métiers en tension aurait sauté. Si le gouvernement avait assoupli son texte, où trouvait-il sa majorité ? Le ministre de l’intérieur n’a jamais cherché de majorité avec la gauche.
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Deux propriétaires d’un gîte occitan assurent avoir accueilli à plusieurs reprises l’adolescent britannique porté disparu depuis 2017. Dans un communiqué émouvant, ils racontent s’être attachés au garçon, désormais retourné en Angleterre.
Pour Frédéric Hambye et Ingrid Beauve, les propriétaires d’un gîte occitan, il s’appelle «Zach». Cet adolescent au regard pétillant, qu’ils assurent avoir pris sous leur aile par périodes depuis deux ans, aime le ragoût de bœuf, les gâteaux au chocolat, les pâtes bolognaises et les recettes végétariennes. Les dimanches, il a pour habitude d’acheter un «Bagnat au Tuna» sur les marchés des villages pyrénéens. Aussi, il bidouille plutôt pas trop mal en informatique. Mais pour le reste du monde, «Zach» s’appelle Alex Batty.
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Le couple d’hôtes aurait découvert la véritable identité du jeune homme dans la presse, la semaine dernière. Les joues rosies et la chevelure vénitienne du garçon de 17 ans parsèment les titres des journaux depuis des jours. Pour cause : enlevé à l’âge de 11 ans par sa mère en 2017 à l’occasion de vacances en Espagne, le Britannique a été retrouvé en France après six années de vie «nomade», d’abord au Maroc puis dans les Pyrénées françaises.
Rapatrié samedi dans son pays afin de retrouver sa grand-mère maternelle, qui avait obtenu sa garde avant que sa mère ne l’enlève, il a expliqué lors de son audition par les gendarmes ne pas avoir vécu de violences physiques mais être passé par une communauté «spirituelle» prônant le «travail sur l’ego, la méditation, la réincarnation». Outre-Manche, l’histoire fascine. D’autant plus que Frédéric Hambye et Ingrid Beauve lui apportent ce dimanche 17 décembre un énième rebondissement.
Un adolescent «soigneux» et volontaire
Le couple a discrètement publié sur le site web de leur gîte de la Bastide, situé dans la commune de Camps-sur-l’Agly (Aude), un communiqué repéré par le journal anglais Daily Mail. Et sur quatre pages - deux en français, deux en anglais - ils déroulent l’histoire touchante de leur rencontre avec l’adolescent. Contacté par Libération, Frédéric Hambye s’est contenté de renvoyer vers leur texte.
D’après leurs écrits, le jeune garçon aurait pour la première fois franchi les portes de la bâtisse, perdue dans un écrin de verdure et toisée par la roche du Pic de Bugarach, à la fin de l’automne 2021, en compagnie de son grand-père et de sa mère. Si Alex Batty, ou «Zach», ne devait initialement séjourner que «quelques jours ou semaines», il serait revenu à plusieurs reprises «durant certaines périodes plus ou moins longues», d’après les propriétaires. Pour bénéficier du gîte et du couvert, il aurait contribué à l’entretien des lieux, par des activités de jardinage ou de cuisine.
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Tout en décrivant avec tendresse un adolescent «soigneux», qui «avait à cœur de participer à la vie du gîte», les hôtes racontent : «Zach /Alex avait libre accès au frigo et à nos victuailles».«Au fur et à mesure, nous l’avons considéré comme faisant partie de notre famille et nous pensons qu’il appréciait la stabilité et la sécurité que nous représentons pour lui», analysent-ils. Au milieu de son récit, la famille glisse quelques photos. En pleine sortie au cyclorail ou en «visite d’école», un adolescent anonymisé - censé être Alex Batty - présente un large sourire.
Sa mère, toujours introuvable à ce jour et qui pourrait être en Finlande, ne se serait pas attardée au gîte. Les propriétaires avancent même qu’elle n’y aurait jamais logé. Alex Batty, lui, serait «parti à plusieurs reprises [la] rejoindre dansses lieux successifs de résidence entre l’Aude et l’Ariège». «A ce que l’on sait, elle cherchait un lieu de vie collectif. La Bastide n’a pas cette ambition. Nous ne sommes pas non plus une communauté spirituelle», souligne le duo.
Parti pour refaire sa carte d’identité
La dernière fois que Frédéric Hambye et Ingrid Beauve ont vu «Zach» remonterait au début de cet été. Au fil du temps, les propriétaires l’auraient encouragé à apprendre le français et aidé à trouver une école. Une scolarité que désirait ardemment le jeune homme, d’après eux. Seul problème : il ne possédait plus de carte d’identité, nécessaire à son inscription. Ses hôtes assurent lui avoir alors proposé de l’accompagner au consulat du Royaume-Uni pour l’aider dans ses démarches. Une proposition déclinée par le Britannique débrouillard : «Il nous a dit qu’il trouverait un moyen de retourner au Royaume-Uni par ses propres moyens pour obtenir de nouveaux papiers et reprendre ses études.»
La suite de l’histoire s’est retrouvée dans les médias quelque temps plus tard, lorsque le garçon a été découvert en pleine nuit par un livreur de 26 ans, perdu le long d’une route audoise le 13 décembre. A la fin de leur communiqué, Frédéric Hambye et Ingrid Beauve l’assurent : «Nous lui avons répété qu’il serait toujours le bienvenu et qu’en cas de besoin, nous étions là pour l’aider.» Désormais, Alex Batty se trouve dans la banlieue de Manchester, à plus de 1 200 kilomètres de la tranquillité pastorale de leur logement de l’Aude. Avec l’attention des médias braquée sur lui et des proches perdus de vue depuis des années à redécouvrir. Sobrement, le couple lui adresse donc leurs derniers mots : «Nous lui souhaitons bonne chance.»